Boulot, mais pas que., Envolées plus ou moins sauvages, Me, Myself & I

Revue de bus.

Dans le bus qui nous transportait de Varsovie à Łodz, les écouteurs de mon Ipod vissés à mes oreilles.
Entre quelques lignes de mon livre et les longues minutes de somnolence, imaginant les violentes secousses du bus dues à la chaussée complètement défoncée comme de doux bercements, j’observais le paysage.
La campagne immensément plates, des maisons laissées à l’abandon. Dans les villages, les grand-mères portent un carré de fichu sur la tête, des cigognes ont fait leur nid au somment des piliers électriques.

Dans mes oreilles, de la musique tzigane. Enjouée, sincère, rythmée, entraînante, parfois plaintive, envoûtante, déchirante…
Tout concordait avec le paysage.
Je me voyais projetée dans les films de Kusturica. Ne décernant plus le rêve de la réalité…

deux-polonaises

Je constate aujourd’hui que je ne prends plus le temps ni ne trouve le goût d’écouter de la musique.
Passant le plus clair de mon temps, la tête plongée dans les décibels de l’orchestre, j’aspire plutôt au calme et au silence lorsque je suis chez moi.
Au grand désespoir de l’Homme qui en est contraint la plupart du temps, à s’enfermer dans son bureau ou à porter un casque vissé sur la tête , pour écouter ce dont il a envie sans pour autant me déranger.

Pourtant, pendant longtemps, je n’ai pu me passer de vivre sans sons harmonieux dans les oreilles.
J’ai eu bien évidemment ma période « classique », rapport avec le métier qui m’attendait.
Quand j’étais étudiante, je vénérais Stravinsky, au point où j’écoutais ses œuvres volume à fond, laissant mon corps réagir aux sons et rythmes puissants de sa musique. C’était pour moi un exutoire.
Ensuite, il j’ai eu ma période de BO de films, puis ma période « musique de supermarché ».
Aujourd’hui, s’il m’arrive de faire fonctionner la chaîne hi-fi ou mon Ipod, c’est pour écouter essentiellement du jazz, du tango ou des musiques du monde.
La chanson, qu’elle soit française ou non, m’emmerde profondément. Certains rares artistes que je considère plus comme des « paroliers » font cependant une exception à la règle, mais d’une manière générale, je ne supporte plus les voix.

Finalement, peu m’importe de connaître ou pas le nom des artistes en vogue, de ne pas savoir remettre un titre sur une oeuvre et encore moins son auteur.
Je me fiche de paraître hors du temps et inculte. Je n’éprouve pas de honte à avouer que je n’ai, de toute manière, aucune mémoire concernant le répertoire musical, qu’importe de quel style il soit. Puisque même dans « mon domaine » de travail, je ne retiens absolument rien.

La seule chose que je demande à la musique, c’est qu’elle me transporte. Loin.
Que je participe à la faire vivre ou plus rarement donc, que je l’écoute, je recherche simplement en elle un instant de magie, comme celui que j’ai ressenti dans ce bus en Pologne…

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