Prise dans mon enthousiasme de moment, je pensais pouvoir trouver les mots justes et nécessaires pour vous raconter encore et encore moult japonaiseries.
Quelques jours après mon retour et quelques heures de sommeil toujours pas récupérés, je ne trouve pas le moyen de décrire et vous faire partager mes émotions lorsque nous sommes arrivés le week-end dernier à Matsumoto.
Il y a des souvenirs indescriptibles, que le simple fait de s'évertuer à les retracer en détail en briserait la magie.
Au risque de passer pour une fameuse paresseuse (soit dit en passant, vous avez le droit de le penser, vu qu'en ce moment, moins j'en fait, mieux je me porte!), ces prochains jours, ce sont par des photos que je compte vous narrer mes derniers émois nippons. Mes clichés sauront certainement "s'exprimer" bien mieux que moi.
Quittant les côtes surpeuplées aux mégalopoles interminables, c'est un apaisement soudain que nous avons tous ressenti en descendant du train, tard dans la nuit, à la gare de Matsumoto .
L'air était enfin frais, l'atmosphère respirable. Pas d'hôtel dans une tour vertigineuse, mais un bâtiment accueillant aux dimensions humaines.
Le calme…
Au lendemain matin, la surprise était de taille. Le soleil resplendissait. Tout autour de la ville, les montagnes, si proches, si perceptibles. Nous étions au pied du Parc National des Alpes japonaises…
Le nez mit dehors relativement tôt, sortie seule pour optimiser au mieux les 3 heures de temps libre qui m'étaient alors offertes avant de repartir pour le sacro-saint travail, je savais que c'était dans cette ville que j'allais trouver mon bonheur.
Objectifs bien précis listés dans ma tête, je m'étais remise en quête d'une menue séance de shopping. Dans une petite ville où l'artisanat et les galeries d'artistes règnent, était-il alors possible que je trouve enfin la petite boutique de tissus que je cherchais depuis presque 15 jours?
Le pas léger, je suis donc partie en chasse, me perdant volontairement très vite dans les petites rues tranquilles, m' extasiant comme une gamine devant les maisons. Après avoir vu autant de buildings, j'avais enfin l'impression de découvrir le Japon, de m'imprégner même d'une très infime partie de leur culture et civilisation…
C'est étrange à dire, mais dans un rêve lointain, je me sentais et j'étais japonaise…
Pour dire combien mon esprit était chamboulé sur le moment, même les plaques des égouts de la ville, toutes ouvragées et peintes de différentes couleurs attiraient mon attention. (Et c'est là que je me dis qu'au grand jamais, non, je ne me moquerai plus du dégainage infernal de l'appareil photo du touriste japonais. Non, jamais. Les plaques d'égouts… enfin!!)
Longeant ensuite la rivière Metobagawa, j'ai fini par arriver au quartier de Nakamachi où l'essentiel des boutiques et ateliers y sont concentrés.
Évidemment, je l'ai trouvée mon commerce de tissus! Après toutes mes infructueuses recherches! Et que dire de la sensation et l'attention que j'ai suscitées! Une étrangère, par tous les bouddhas! J'ai été scrutée, épiée, mais servie aux petits soins! Des "arigato" à n'en plus finir, de la courbette contagieuse et encore de l' "arigato"…
Malgré sa vétusté et sa vieillerie, la boutique aurait mérité que je la dévalise. Des soies, des perles, des rubans, des dentelles, des breloques… La valise étant déjà bien pleine et lourde de mes précédents achats, mon attention est restée fixée sagement et raisonnablement sur de petits coupons de tissus aux imprimés que seuls les japonais osent et savent faire.
Aujourd'hui, il ne me reste plus qu'à réfléchir sérieusement à leur destinée…















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