Ou comment je me suis incrustée dans un jury…
Point de mystères plus longtemps concernant ma sombre activité de ce jeudi.
Déjà, j'ai du en décevoir plus d'une en annonçant hier que n'ai pas participé à une sélection de chippendales, mais en plus, là, je m'en vais vous parler boulot…
Oui, jeudi, il s'agissait d'un concours de recrutement, 'cause ça fait maintenant plus d'un an qu'il y a un poste à pourvoir chez nous et qu' après un premier concours, personne n'a été retenu.
Au départ, n'étant point conviée à la table du jury, ma présence devait passer presque inaperçue. Je n'étais là que pour écouter et soutenir les copains (dont les fameux qui ont investis pendant deux jours notre appart) . Et voilà qu'en deux temps, trois mouvements, je me suis retrouvée avec papier, crayon et droit de voter.
Bien…
Pendant qu'on s'empiffrait de petits gâteaux, de thé et de café, derrière un volumineux paravent, 36 candidats ont défilé, qu'on a essayé d'écouter attentivement. Parce qu'il ne faut pas croire, se farcir autant de fois qu'il y a de prétendants au poste des extraits d'un même concerto de Mozart, ce n'est pas non plus une partie de plaisir. D'où les petits gâteaux pour nous donner des forces et nous remonter le moral.
A l'issue du first round, il ne restait plus que 8 personnes retenues. Du bel écrémage, comme on dit. Écouter, encore… Lutter contre la somnolence digestive… Se resservir un petit café… Et derrière le paravent, toujours, les candidats qui jouent leur avenir…
Au troisième tour, ne se distingue des autres plus qu'une seule personne. Où est passé le challenge du concours, puisqu'il n'y a plus aucune rivalité?
Cette fois, le paravent est ôté. On découvre le visage du candidat qui doit faire encore toutes ses preuves. La situation laisserait à penser que la partie est gagnée. Non. Après ce 3ème et ultime tour, le chef a déclaré ce concours à nouveau infructueux. Et on ne remet jamais en cause la parole du grand ponte…
Finalement, à quoi sert un jury composé de plus d'une dizaine de membres, si au final, une seule personne décide?
Et pendant que les candidats "souffraient" derrière leur paravent, on prenait des notes, pas toujours sympathiques sur leur prestation. Les jugements tombaient, les regards désapprobateurs fusaient, les critiques chuchotées pleuvaient, les rires étaient étouffés, les biscuits grignotés, le thé siroté.
Et je me suis souvenue, ces moments ingrats que j'ai supporté moi aussi lorsque j'étais du mauvais côté de la table. Ces moments où on m'avait appris à toiser les membres du jury en imaginant qu'ils étaient en train de chier pour arrêter de bêtement stresser. Ces moments d'attente interminables, insoutenables avant que mon numéro soit appelé. Ces moments de solitude, de tension.
Je n'imaginais pas que de faire partie d'un jury rendait une personne pourtant timide, souriante, tolérante et compréhensive, aussi désagréable, pédante, prétentieuse, arrogante, critique…
Cette personne, c'est celle dans laquelle j'ai été toute cette journée de jeudi. Et j'en ai presque honte. C'est finalement très difficile de juger, attendre, demander à l'autre l'impossible, l'irréalisable, alors que soit même on doute et remet sans cesse en question son travail.
Je me félicite cependant d'avoir su éviter les divers questionnements des candidats sur leur prestation.
Non, je ne suis pas encore prête à assumer ce rôle de juré. Ce pouvoir est trop facile, mais le véritable jugement est extrêmement pénible.
Mais qui sait, d'ici la prochaine édition du concours, j'aurai certainement tiré un enseignement plus flagrant de cette journée et serai plus à l'aise dans ce genre de rôle?…








Ajoutez votre commentaire ci-dessous, ou faites un Rétrolien depuis votre propre site.
Souscrire à ces commentaires.
Soyez sympas. Gardez la page propre. Restez sur le sujet. Pas de spam.
Vous pouvez utiliser ces balises si vous aimez vous compliquer la vie: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>